
À la veille de sa clôture, la 28ᵉ édition du Salon international du livre d’Alger (SILA) continue d’attirer un public nombreux et enthousiaste. En ce deuxième week-end d’exposition, les allées ne désemplissent pas : enfants, adolescents et familles se pressent entre les stands, dans une atmosphère à la fois studieuse et conviviale.
Les éditeurs nationaux et étrangers dressent un constat partagé : le SILA confirme son rôle central dans le paysage culturel du monde arabe. Qu’ils viennent d’Égypte, du Liban, de Mauritanie ou d’Algérie, tous saluent un public fidèle, curieux et exigeant.
Au pavillon de l’Ahaggar, la maison d’édition Dar El Amir Khaled, spécialisée dans la littérature jeunesse, ne désemplit pas. Elle propose des séries progressives pour l’apprentissage de la lecture, des contes illustrés et des jeux éducatifs.
« Nous essayons d’accompagner l’enfant à chaque étape de son développement, de la lecture à la réflexion, en passant par la créativité », explique Radi Leila, responsable du stand.
La maison lance cette année une nouvelle série en anglais avec option audio, permettant à l’enfant de lire et d’écouter simultanément. « C’est une manière ludique de renforcer son apprentissage linguistique », précise-t-elle.
Avant d’ajouter : « Ce qui nous réjouit le plus, c’est de voir à quel point les enfants algériens s’intéressent à la lecture. Ils viennent d’eux-mêmes feuilleter, poser des questions, demander des titres précis. On sent une évolution nette d’année en année. »
Dans le pavillon central, les éditeurs multiplient les promotions de fin de salon, une tradition bien ancrée au SILA. La Maison du Livre égyptienne pour l’édition et la distribution, fondée en 2010, participe pour la troisième fois consécutive. Son catalogue éclectique va de la médecine à la littérature mondiale.
« Nous avons été agréablement surpris par la qualité du public algérien », confie un représentant. « C’est un public cultivé, curieux et très attentif. Cette interaction directe avec les visiteurs est notre plus belle récompense. »
Non loin de là, sur le stand des éditions Apic, l’écrivain Akram El Kebir dédicace son nouveau recueil de nouvelles Glaçons tièdes, publié après six ans de silence.
« Le SILA est un rendez-vous incontournable : c’est à la fois une fête du livre et un lieu de retrouvailles. On y croise des lecteurs fidèles, des amis écrivains, et parfois des inconnus qui découvrent vos livres par hasard. C’est dans ces rencontres imprévues que réside la vraie magie du salon », confie l’auteur.
Au pavillon Casbah, la maison Dar El Israa pour la lecture et l’édition, d’origine mauritanienne et basée au Caire, enregistre une belle affluence.
« C’est notre cinquième participation au SILA », indique son représentant. « Nous sommes spécialisés dans le fiqh malékite, la littérature jeunesse et la calligraphie arabe. Cette année, nous avons remarqué un engouement particulier des enfants pour les livres. Ils feuillettent, questionnent et insistent auprès de leurs parents pour repartir avec un ouvrage. C’est très encourageant. »
La Maison de la Pensée Contemporaine (Dar Al-Fikr Al-Muasir), venue du Liban, reste l’un des piliers historiques du salon. Présente sans interruption depuis la première édition, elle expose près de mille titres issus d’un catalogue riche de cinq mille.
« Le lecteur algérien se distingue par une profondeur rare », souligne Hassan Jefane, son représentant. « Il cherche des ouvrages exigeants en philosophie, en sociologie, en critique ou en pensée religieuse. C’est un profil qu’on retrouve peu
À la veille de sa clôture, le SILA 2025 confirme la vitalité du livre en Algérie.
Entre les sourires des enfants, les rencontres entre auteurs et lecteurs et les débats passionnés autour des stands, le salon prouve une fois encore que la lecture demeure un lien vivant entre les générations — et l’un des piliers de la culture algérienne contemporaine.