Zoubir Arous appelle à une meilleure connaissance de tous ces éléments..« Pas encore d’études approfondies sur nos références communes »  

Pour le chercheur Zoubir Arous, enseignant de sociologie à l’université d’Alger, les références communes entre l’Algérie et la Mauritanie sont une réalité incontestable. Il suggère par ailleurs d’encourager des études et de recherches pour une meilleure connaissance de tous les éléments ayant marqué cette appartenance en partage.    

Quelles sont les références communes entre l’Algérie et la Mauritanie ?

Il y a d’abord l’appartenance à un même référent religieux. El Achaâria, dans sa dimension d’ouverture, se trouve dans les régions de l’Afrique du nord. C’est cet esprit qui lie la Mauritanie, le Sahara occidental, le Soudan, l’Algérie, la Tunisie. Ces pays sont aussi liés par l’appartenance à l’école malékite bien que l’interprétation de ses principes divergent d’un pays à un autre. Le plus important à mon sens, c’est que les pays de toute la région partagent le même socle religieux et une appartenance commune.  

Vous parlez dans votre introduction au débat que vous avez modérée de l’appartenance organique des pays de la région. Quels sont les facteurs ayant généré cette réalité ?

Effectivement. Ces espaces partagent une appartenance commune. D’où l’idée de l’appartenance organique de ces territoires, une appartenance qui s’exprime par diverses expressions et modes culturels. Et dans cette appartenance, il y a le soufisme, dont l’origine est algérienne et dans les valeurs et préceptes se sont répandus dans l’Afrique de l’Ouest et dans d’autres territoires d’Afrique.  

Avons-nous des ouvrages de qualité consacrés à ces références communes entre l’Algérie et la Mauritanie ?

Il y a certes de nombreux ouvrages sur cette thématique importante, mais pour juger leur qualité, nous avons besoin davantage de patience et de clairvoyance. En revanche et en toute honnêteté, les études approfondies n’ont pas été encore accomplies. D’où la nécessité d’encourager la recherche dans ce registre. Les résultats auxquels déboucheront ces recherches seront d’un grand apport pour une véritable compréhension de ces réalités et qui sont les nôtres. Et c’est sans doute l’intérêt de ce genre de conférences et c’est l’importance qu’offre la forte présence de la culture mauritanienne à ce salon du livre d’Alger.